La Compagnie

L'aventure commence avec l'écriture de Bien arrivée à Ottawa, écrit pour la comédienne Marité Blot à partir de son parcours de femme rongée par une phobie dont on découvrira qu'elle illustre un conflit intime lié à ses origines familiales.

Marité Blot me propose alors de la mettre en scène.

L'exercice m'est inconnu mais les liens tissés au fur et à mesure de nos échanges m'encouragent à me lancer dans cette nouvelle aventure.

Devenue porteuse du projet, je choisis de destiner le spectacle aux régions, puisqu'il traite des transclass et des conflits de loyauté, et décide de l’associer à une action culturelle sur les territoires à travers la proposition d’ateliers d’écriture sur le thème des empêchements.

Alors directeur de la Maison du Comédien Maria Casarès, Vincent Gatel est séduit par la proposition artistique et nous propose une résidence de quinze jours au Domaine de la Vergne, clôturée par une restitution publique qui nous permet de nouer des contacts avec deux scènes conventionnées de la région.

Cette expérience extraordinaire de travail en immersion dans ce lieu privilégié habité par la grâce et la mémoire m'ouvre soudain des perspectives nouvelles, et le retour enthousiaste du public après la restitution me donnent envie de formaliser ce nouveau statut de metteuse en scène et porteuse de projet.

 

La compagnie Les Transsibériennes naît donc en octobre 2016 à la suite d'une seconde résidence à la Maison Maria Casarès.

Petite fille d’immigrés russes et profondément marquée par mon histoire familiale, je suis sensible à la notion de voyage, de trajectoire, de chemin parcouru à la fois géographiquement, physiquement et intellectuellement.

 

C’est ainsi que le nom Les Transsibériennes s’impose à moi pour illustrer toutes les occurrences que peut revêtir la notion de spectacle vivant : voyage à travers l’écriture ou la découverte d’un texte ; voyage à travers la création d’un personnage et d’un univers ; voyage, aussi, à travers les sentiers non balisés et souvent ardus qui mènent d’une salle de répétition presque vide à une salle de théâtre où le spectacle fera halte le temps de la représentation. 

Les Transsibériennes comme une maison mobile destinée à accueillir à tour de rôle différents membres d'une même famille autour de projets axés sur une problématique qui m'est chère : les cheminements intimes.

Tatiana Gousseff